Deuxième journée chez les Shuar

La nuit a été plutôt agréable même si il a plu quasiment tout le temps. Nous nous réveillons et dégustons un bon petit déjeuner à base de fruits et de café. Après avoir traité notre patiente (voir article d’hier), nous décidons de ne pas partir pour les 4 heures de marche prévue. Il pleut vraiment trop.

Jeremy propose alors de s’entrainer à la sarbacane. Il coupe une branche d’une variété spécifique de palmier et nous montre comment tailler les flèches. L’opération prend pas mal de temps et le ciel se dégage doucement. Nous sautons sur l’occasion pour finalement partir en promenade. Il est midi quand nous démarrons les 4 heures de marche. Au bout d’une heure, la pluie reprend et nous sommes rapidement trempés. Elle ne s’arrêtera plus de la journée. Les enfants sont courageux mais le sol est glissant. Jeremy prend Vincent sous son aile et l’aide à passer les difficultés. Les enfants Galamez s’en sortent très bien et sont heureux de pouvoir user de la machette.

Jeremy voit une liane et décide de nous faire une démonstration de Tarzan. Il passe à 1 mètre au dessus de nos têtes en prenant son élan depuis le versant d’une petite colline. Arthur veut essayer mais nous l’en dissuadons .. La liane n’a pas l’air bien épaisse et elle est rendue glissante par la pluie. Jeremy qui veut nous faire une dernière démonstration part de plus haut et là, ce qui devait arriver arriva et la liane casse et il tombe .. il dévalera la colline à plat ventre dans la boue. Il a eu beaucoup de chance que la liane casse au début du saut.

Nous repartons par le lit de la rivière mais l’eau est trop haute et rentre dans les bottes d’Erine qui se met à pleurer .. A ce moment, tout le monde en a marre et préfèrerait être à l’abri .. mais nous avons encore une grosse heure de marche avant de rejoindre les pirogues qui nous ramènerons au village. Jeremy va alors couper un palmier à la machette pour un extraire le cœur que nous dégusterons. Pour un arbre de 5 mètres de haut, la partie comestible ne fait que 30 à 40 cm de haut pour 5 cm de diamètre, ca ne fait vraiment pas beaucoup.

Un peu plus tard, Erine glisse sur une racine, tombe puis glisse. Elle finira sa course en heurtant un arbre avec sa tête. Heureusement, le nid de fourmis, accroché à l’arbre, à 2 mètres au dessus de sa tête, tiendra le coup et ne lui tombe pas dessus … Après quelques consolations, nous repartons. Le terrain est accidenté mais Jeremy fait tout ce qu’il peut pour aider les enfants .. il prendra même Vincent sur ses épaules ou sur son dos pour l’aider à avancer.

Nous arrivons finalement au bord de l’eau pour prendre les pirogues. Les enfants montent tous dans une pirogue et les adultes dans une autre. Je n’aime pas trop ça car 1) il y a des caïmans dans l’eau, 2) Vincent ne sait pas trop nager 3) l’enfant qui pilote ne trouve rien de mieux que de faire balancer la pirogue de gauche à droite pour faire peur aux loulous. Nous autres, sommes à 4 dans une autre pirogue qui est visiblement surchargée. Dès que l’un de nous bouge, le bateau semble vouloir se retourner.. nous partons quand même (pas question de repartir par la forêt de toute façon) et je demande à Jeremy de ne pas s’éloigner du bateau des enfants au cas où. Nous passons quelques petits rapides et nos pilotes (tous des enfants) ont bien du mal à éviter les troncs d’arbre qui jonchent la rivière. En plus, le bateau prend l’eau par les cotés à chaque remous .. bref .. je trouve cette balade assez stressante .. Après 35 minutes de bateau, nous arrivons finalement au village et personnellement, je ne suis pas mécontent car je ne me voyais pas me renverser et sauter à l’eau (d’autant plus avec l’appareil photo).

Nous sommes couverts de boue et Fred, Théo et moi décidons d’aller nous laver dans la rivière pour le plus grand plaisir de Delphine qui n’avait pas vu un si beau spectacle depuis des années !!

Une fois plus ou moins propres, nous mettons les vêtements à sécher et nous nous entrainons à la sarbacane en visant une branche de bananier. Les Shuar utilisent encore des flèches de sarbacane enduite de curare (un poison fait à base de plantes) pour aller à la chasse aux singes. Les enfants sont assez doués et s’amusent bien.

Nous finirons la soirée tranquillement et recevrons quelques cadeaux de la tribu avant d’avoir droit à une petite démonstration de danse. Ils sont vraiment très sympas.

C’était notre dernière vraie journée “d’aventurier” car les prochains jours sont dédiés au voyage de retour pour l’Europe. Cela fait vraiment bizarre de savoir que dans quelques jours, nous serons de retour alors que nous sommes encore là, dans la forêt amazonienne, à la lisière de la civilisation.

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3 réflexions au sujet de « Deuxième journée chez les Shuar »

  1. Un ou quelques vols plus tard (et quelques douches aussi) la « civilisation moderne » est au bout du voyage…
    Bien? Pas bien? ?????

  2. Bonjour,
    Cela fait tout drôle de relater vos aventures au cœur de la forêt amazonienne tout en vous sachant de retour à Bruxelles !
    De nouveaux articles à paraître ?! Merci pour le partage de tous les précédents … Ce fût un réel régal !
    Des vacances avant de reprendre le boulot ?! 🙂
    Allez zou …
    Amicalement .
    Jean-Fi .

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