Changement de camp en Kayak

En route pour aller chercher de l’eau, nous apercevons un phoque sur un gros glaçon se laissant dériver. Nous faisons donc tous demi-tour pour aller chercher les appareils photo. Au vu de la vitesse de dérive du glaçon, on prend notre temps.

Les photos prises, nous devons démonter tout le camp et mettre les tentes et les vêtements dans des sacs étanches. Pour la nourriture, nous utilisons les caissons étanches des kayaks. Cela nous prend bien 3 heures avant d’être prêts à partir, en combinaison étanche. Ayant peur d’avoir trop chaud, j’ai enlevé pas mal de couches.

La mer est calme et le trajet se fait sans problème si ce n’est que sur l’eau, il fait plus froid que prévu. Du coup, je pagaie plus fort pour me réchauffer et David nous rappelle à l’ordre pour que le groupe ne soit pas trop éclaté.

Nous accostons finalement sur l’ile de Gerdoya dont nous faisons le tour. Nous apercevons quelques rennes que nous nous mettons à suivre. Ils nous emmène tout au bout de l’ile et nous arrivons à les approcher de près en divisant le groupe en 2 et en les prenant en “tenaille”.  Au point culminant de l’ile, nous avons une superbe vue à 360° sur tous les glaciers de la baie. Malheureusement, le temps est toujours couvert. Nous n’avons pas encore vraiment vu le soleil depuis le début du voyage.

Nous reprenons ensuite les kayaks pour une heure de navigation vers le second camp, proche du Feiringbreen. Nous arrivons finalement vers 21:00. Il faut sortir toutes les affaires, remonter les tentes, ranger la nourriture. Nous nous mettons finalement à table aux alentours de 22:30 pour l’apéritif. Le soleil couchant donne des teintes rouges aux nuages. C’est assez joli sans être exceptionnel. L’équipe se couche aux alentours de 00:30 .. on se décale gentiment par rapport aux horaires “européens”. En ce qui me concerne, je m’occupe de la première garde et vais me coucher aux alentours de 02:45.

 

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Première “soirée” dans la baie du roi

Après notre arrivée en fin d’après midi, nous faisons la connaissance de David, notre guide. Nous allons chercher de l’eau dans une bédiaire (cours d’eau formé par la fonte des glaces d’un glacier) pour préparer le repas du soir. Il nous montre alors des traces d’ours. Leur taille est assez impressionnante.

Puis, vient le briefing. Il nous parle du principal danger, l’ours polaire et de tout ce qui en découle. Le camp sera toujours sous la surveillance d’une personne. En journée, il s’en chargera et la nuit, l’équipe se relaiera toutes les 2 heures pour faire la surveillance. Il nous explique le comportement de l’ours, son sens de déplacement “classique” (du sud-ouest au nord-est). Ici, tout groupe doit au moins avoir un fusil, pour tuer l’ours en cas d’attaque.

Les attaques de camp sont assez fréquentes mais si l’ours a été détecté suffisamment tôt, il n’y a pas de problème. Si l’ours en veut à la nourriture, on lui laisse .. s’il a plus faim et souhaite se mettre quelque chose de plus consistant sous la dent … on essaye de l’en dissuader. Pour nous la consigne est très simple et claire, dès qu’on aperçoit un ours, on réveille tout de suite le guide qui prend les commandes du groupe. 

Le danger de l’ours implique un aménagement des camps assez précis. La nourriture est mise à l’écart, nos tentes sont mises entre la nourriture et la tente du guide qui conserve le fusil. L’ouverture du tipi où nous prendrons tous les repas est toujours disposée dans le sens de l’arrivée la plus probable de l’ours.

En cas de problème grave (décès du guide par exemple), on définit la procédure à suivre ie appel au secours par Iridium (téléphone satellite) et une personne du groupe prendra le fusil.

Nous définissons les premiers tours de garde pour la nuit. Par galanterie (eh oui, on est comme ça), nous laisserons les filles commencer et Régis et moi assureront les périodes 00 à 02h et 02 à 04h.

En ce qui concerne la météo, le temps est vraiment couvert et la brume s’installe. J’en profite pour prendre quelques photos de glaçons. C’est pas très varié mais bon ..

 

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En route pour le Svalbard

Bon, le tour du monde est terminé depuis un an maintenant et il est temps de repartir vers de nouvelles aventures. Pour fêter dignement les 40 ans de mon ami Régis, nous partons ensemble essayer de croiser des ours blancs dans le Svalbard, au nord de la Norvège et à l’est du Groenland. Au vu des conditions climatiques et d’hébergement, je partirai seul pour une fois et laisserai le reste de la famille passer 15 jours dans des contrées aux conditions climatiques plus clémentes.

Cet article et les suivants ont été écrits au fur et à mesure, sur mon téléphone et sont publiés après mon retour. Je suis donc déjà revenu alors que vous lisez ces lignes.

Nous partons via l’agence de voyage GNGL (Grand Nord Grand Large) pour 15 jours environ en direction du Spitzberg et plus exactement dans la baie du roi. Nous serons en autonomie complète et nous déplacerons sur place via des kayaks de mer.

Nous décollons de Paris pour Longyearbyen via Oslo et Tromsø. Arrivés sur place, à la sortie de l’aéroport, nous sommes un peu au bout du monde, à 1200 km du pôle nord et aux alentours de 78° de latitude Nord. Nous avons fait connaissance avec notre groupe de 8 personnes la veille à Oslo où nous en avons profité pour manger notre dernier morceau de viande rouge avant longtemps. Le groupe a l’air sympa ; c’est déjà une bonne chose.

Après notre premier repas de nourriture lyophilisée vers 16:00, on nous annonce un trajet vers la baie du roi en voilier d’une durée de 15 à 20 heures … un peu dur à avaler mais bon, la motivation est là et nous profiterons du soleil de minuit (à cette saison, il fait jour 24h/24 au Svalbard).

En attendant le bateau, nous testons le matériel de kayak, sacs étanches pour les vêtements, combinaisons étanches pour nous dans des tentes du camping de Longyearbyen.

Nous embarquons finalement vers 18:00 sur un beau voilier avec Nicklas, notre capitaine.

A peine sortie de la baie, nous prenons l’apéro avec Patrick, Régis et Cannelle pour fêter le départ alors que certains commencent déjà à être malades. 2 heures plus tard, nous regrettons tous ce petit apéro qui nous reste sur l’estomac dans les creux de 3 à 4 m que nous réserve l’océan arctique. Bref, on est tous un peu vert et le froid devient mordant à cause notamment de l’humidité.

Au vu de l’état des troupes (plus de la moitié du groupe est malade), le capitaine décide de faire une pause dans une baie abritée pour se reposer quelques heures en attendant une amélioration de la météo. Finalement, nous resterons abrités presque huit heures. Après le petit déjeuner, nous repartons. La mer est bien meilleure et nous arrivons finalement vers 17:30 le lendemain de notre départ.

Peu avant l’arrivée, nous voyons de gros glaçons sur l’eau. L’accostage est rendu difficile par la quantité de glace (le brash) accumulée sur la rive. Après quelque manœuvres, le capitaine s’approche au plus près. Nous ferons le débarquement en faisant glisser l’annexe sur les glaçons. C’est un peu chaud mais ça passe. Après quasiment 3 jours de trajet, nous sommes enfin à destination.

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