Longyearbyen

Après une dernière promenade sur l’ile, nous démontons le camp pour prendre le bateau vers 18:00. A notre grande surprise, le retour se passe comme sur des roulettes, nous avons le vent dans le dos et la mer est plutôt bonne. Nous arrivons même à dormir dans le bateau et arrivons donc relativement frais après 14:00 de navigation.

Après le débarquement de tout le matériel (affaires perso, nourriture restantes, kayak), nous allons au camping de Longyearbyen et nous précipitons pour prendre une douche …. chaude ! retour à la civilisation. On commençait à en avoir bien besoin.

Nous repartons ensuite dans la ville pour visiter l’église, faire la route commerçante et manger un vrai repa. Là encore, cela nous change après 15 jours de nourriture lyophilisée. Pour le soir, nous nous retrouvons tous au restaurant Kroa. La déco est vraiment sympa et nous avons l’opportunité de manger de la baleine séchée et du phoque. La baleine a le goût de la viande de grison et le phoque, de la viande rouge. Personnellement, j’aime beaucoup.

Alors que certains vont se coucher, Murielle Cannelle, Régis et moi décidons d’aller en direction de la seule discothèque qui se trouve un peu à l’écart de la ville. Il faut marcher un petit peu et à l’aller, nous coupons et traversons un ruisseau.Je monte sur une planche que je croyais bien stable et mon pied passe sous l’eau .. super. Je me retrouve donc un pied mouillé pour finir la soirée. Bon, d’un autre côté la soirée ne s’éternise pas trop car la boite est fermée … grrr. Nous retournons donc au bar pour boire quelques verre et revenons vers 2:30 au camping.

Nous décidons alors d’aller rejoindre le ‘”Arctic Naked Bathing club”, littéralement “le club des personnes qui se sont baignés nu dans l’arctique”, une tradition locale. L’eau est à 5° et l’air à 4. Nous devons entrer dans l’eau, nous immerger totalement et c’est gagné .. bon, cela se fait finalement sans problème (mais en 2 seconde et demi) et nous recevons notre diplôme et une douche chaude gratuite. Le lendemain, nous ne sommes pas peu fier de montrer nos noms aux autres membres de l’équipe qui dormaient à cette heure là !

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Ny London

Aujourd’hui, le programme consiste à faire le tour de l’ile avec un passage à Ny-London. Cette “ville” (il n’y a que quelques maisons) n’a existé que pendant la période de 1916 à 1921.

A l’époque, un entrepreneur, James Mansfield, découvre que la montagne est faite de marbre. Il prend quelques échantillons et les montre à des géologues qui lui expliquent qu’il a une mine d’or entre les mains. Il arrive à convaincre des investisseurs pour créer une carrière au milieu de l’arctique. Il y créé quelques maisons, importe d’Angleterre une grosse machine à vapeur censée fournir l’énergie nécessaire à l’exploitation et fait construire maison, atelier, et même un port équipé d’une grue pour charger les blocs de marbres sur les bateaux.

Malheureusement, dès le début de l’exploitation, il s’aperçoit q’u’il n’arrive qu’à extraire que de tout petits blocs. L’hiver est tellement rigoureux que toutes les pierres sont fissurées par le gel. Du coup, le projet s’arrête brutalement et aucun bloc n’est jamais sorti de Ny-London.

En traversant cette ville, on y voit tous les vestiges, et notamment la machine à vapeur et le port. Certaines maison ont été aménagées en refuges. C’est assez marrant de voir ça ici car on est vraiment au milieu de nul part.

Au retour de notre promenade, le temps se dégrade brutalement, il y a énormément de vent et du grésil commence à tomber. Du coup, on est obligé de se réfugier dans les tentes qui plient à chaque bourrasque. Il fait vraiment froid. Seul David reste dehors pour surveiller l’ours.  On espère tous que cela ne va  pas continuer car le lendemain, nous devons prendre le bateau pour retourner à Longyearbyen. On se voit mal démonter le camp dans ces conditions. Heureusement, 2 heures plus tard, le temps change de nouveau et le soleil revient. Il y a de la neige au sol et une superbe lumière.

Ce soir, ce sera notre dernière nuit dans le grand nord et .. ma dernière garde

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Malins les renards

Ma garde commence à 05:30. Il fait très froid et j’ai toujours un peu mal au talon d’Achille. Je me force pourtant à courir autour des tentes pour me réchauffer.

Il fait assez beau et j’en profite pour installer le panneau solaire. Les 2 renards de la veille viennent me tenir compagnie. Ils s’approchent très près du tipi pour essayer d’y voler de la nourriture puis font demi-tour et vont vers le garde-manger sous la bâche. Ils tirent dessus avec leurs dents et je les éloigne en leur faisant peur. Puis, ils reviennent en courant vers le tipi. Du coup, je n’arrête pas de faire des allers retours entre les 2 endroits. A un moment, je n’en vois plus qu’un qui s’acharne un peu sur la bâche. Je vais près de lui pour lui faire peur puis en me retournant, m’aperçoit que l’autre est maintenant en train de rentrer dans le tipi .. bien joué ! J’arrive quand même à le faire fuir en lui lançant des pierres. L’avantage, c’est qu’à force de courir, j’ai chaud et je ne vois pas le temps passer. Voyant qu’ils auront des difficultés à voler de la nourriture, les renards s’éloignent un peu, jouent, se sautent dessus comme des petits chiens.

Aujourd’hui, nous avons décidé de marcher jusqu’au point culminant de l’ile. La balade dans les pierriers n’est pas très difficile mais j’ai assez mal, du coup, je marche en canard et ce n’est pas très agréable. J’espère vivement qu’on fera une balade en kayak le lendemain pour calmer un peu la douleur.

La vue à 360° en haut est très belle mais la lumière est vraiment mauvaise. Dommage. Nous déjeunons en haut. Il n’y a pas trop de vent et le froid est supportable.

Nous redescendons ensuite en passant par la plage puis arrivons au camp vers 19:30. Le ciel se dégage un peu et nous faisons quelques photos. La suite est très banale, apéritif sous le tipi puis diner et dodo !

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Notre dernier transfert en Kayak

Aujourd’hui, et pour la dernière fois de notre périple, nous faisons un transfert de camp en Kayak. Nous sommes maintenant complètement rodés et allons de plus en plus vite. En plus, il n’y a plus que quelques jours de nourriture à transporter donc le chargement est d’autant plus rapide.

Le temps est au beau fixe et la mer est très calme. La traversée ne devrait pas durer plus de 3 heures. Nous prenons donc notre temps et en profitons pour nous approcher une nouvelle fois au plus près de gros phoques. Notre technique est maintenant quasi parfaite et arrivons à nous approcher très près des animaux (moins de 3 mètres).

C’est déjà quasiment la fin de l’été ici et il fait de plus en plus froid. D’ailleurs, la banquise commence à se reformer par endroit. Dans quelques jours, le soleil commencera à disparaitre la nuit et ce sera le début de la période froide.

En chemin, nous devons par moment faire notre trace parmi les glaçons mais là encore, nous commençons à avoir un peu plus d’expérience et tout se passe bien. Le camps, juste en face du glacier Blomstrand breen est le plus beau de tous. Nous sommes vraiment tout près du glacier. Par contre, il fait excessivement froid et quand nous arrivons, nous avons tous les mains gelées. Pour ma part, c’est vraiment la première fois que j’ai si froid aux mains durant ce périple. Pour nous réchauffer, nous devons remettre nos polaires et vêtements de froids mais pour cela, il faut décharger les sacs étanche et j’ai bien du mal à défaire les noeuds des cordages avec les mains si engourdies.

Pour le  montage du camp, 2 renards arctiques nous tiennent compagnies, ils sont vraiment curieux et n’ont pas peur de s’approcher de nous.

Il est 21:30 quand nous sommes prêt à déjeuner et, étant tous fatigués, nous décidons que ce soir, nous nous coucherons tôt. Nous sautons donc le diner pour nous coucher vers 23:30 et nous recaler sur des horaires plus classiques.

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2 glaciers dans la journée

Après une heure et demi de sommeil, Régis vient me réveiller pour mon tour de garde. Je sors de la tente à moitié endormi et le froid me saisit. Il fait en effet très froid mais le ciel est dégagé. J’en profite pour brancher le panneau solaire et charger le GPS. Je me réfugie ensuite dans le tipi pour boire une boisson chaude et sors toutes les 3 à 4 minutes pour surveiller l’ours. J’en profite pour courir autour du camp. Cela réchauffe un peu.

Je passe le relai à 6:30 et nous nous levons tous vers 12:00. Le ciel est maintenant un peu couvert et nous décidons d’aller faire une balade en kayak. La mer est d’huile et c’est sans problème que nous nous rendons au pied du glacier voisin. Il y a de gros glaçons sur la berge et je prends plein de photos en jouant avec les bokeh puis nous attendons que le glacier charie de la glace. Il craque en permanence et nous faisons des paris sur le prochain mur de glace qui tombera. Je cale l’appareil photo et vise un endroit en particulier mais c’est un autre morceau de paroi qui s’écroule. David a eu plus de talent et c’est sa photo que j’ai mis ci-dessous. La chute de plusieurs tonnes de glace ressemble à une explosion.

Nous revenons de notre petit périple à 21:30 et prenons le goûter (eh oui, nous sommes maintenant complètement décalé). Vers 22:30, nous repartons pour une balade à pied sur un glacier proche du camp. La lumière du soleil de minuit est parfaite et c’est vraiment super agréable. Par contre, j’ai une douleur qui commence à naitre dans le talon d’Achille et la redescente m’est un peu pénible. Nous sommes de retour vers 01:00 pour le diner et nous nous couchons à 03:00.

Petite surprise à l’entrée de la tente : nos serviettes de toilettes, encore humides ce matin ont gelé. Bref, il fait de plus en plus froid.

 

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En route pour Ny-Ålesund

Réveil à 10:30 sous un ciel très bas. En plus, il bruine et ça caille. Je profite de l’inertie post petit déjeuner pour prendre quelques photos des sternes arctiques qui pêchent et font des aller-retours pour nourrir leurs petits. Ce sont mes oiseaux préférés, ils attaquent tout ce qui bouge en faisant des piqués sur nos têtes lorsque l’on se rapproche trop près de leurs nids.

Nous partons vers 14:30, à pied, vers Ny-Ålesund, la ville habitée la plus au nord du monde qui se trouve à une douzaine de km de là. Elle n’est en fait habitée que par des scientifiques qui étudient l’arctique et notamment les glaciers. Le chemin est assez facile mais nous devons souvent chausser les bottes pour passer des gués ce qui prend un peu de temps. Nous croisons quelques cabanes de trappeurs puis passons devant la station française Jean Corbel. Comme nous y voyons de la lumière, nous frappons; 2 scientifiques sortent et nous proposent immédiatement de rentrer. Il fait 25° à l’intérieur et nous étouffons littéralement. Ils nous expliquent le but de leurs recherches : “l’érosion des montagne en milieu arctique”. Au bout d’une petite demi-heure, nous repartons pour arriver avant 18:15 à la boutique de Ny-Ålesund qui n’est ouverte que deux fois par semaine et pour seulement 2 heures à chaque fois!

Nous arrivons finalement à 18:00. Bon, Ny-Ålesund, autant le dire de suite, c’est pas New York. Il y a une vingtaine de maisons, la boutique et une cantine. Même pas un petit bar ou restaurant. Nous nous dirigeons donc de suite vers la boutique et achetons quelques souvenirs et du vin car la cave du camp s’épuise. Normalement, la vente d’alcool est interdite aux touristes mais le caissier doit nous prendre pour des scientifiques et tout se passe bien.

Une fois nos achats effectués, nous prenons notre déjeuner (il est 19:30) puis visitons les 2 petits musées de la ville (eh oui, il y a 20 maisons mais 2 musées). Nous nous promenons tranquillement dans LA rue, envoyons quelques cartes depuis la poste la plus septentrionale du monde puis repartons. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons devant le mat qui a servi à accrocher le dirigeable d’Amundsen (qui a tenté de rejoindre le pôle nord en ballon).

Pendant les quelques heures que nous avons passées à Ny-Ålesund, le ciel s’est dégagé et le soleil brille. La lumière orangée du soleil de minuit est absolument superbe. Nous avons même la chance d’apercevoir des belugas (sorte de dauphins blancs). Nous arriverons finalement à 00:00 au camp puis, comme tous les jours, ce sera apéro et diner. Nous nous coucherons finalement vers 03:00. Le vent s’est levé, il fait maintenant très froid et seulement 2° à l’intérieur des tentes. Mon tour de garde est prévu pour 04:30 …

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Une traversée pas si tranquille

Levé à 5:00 pour faire ma garde, je suis surpris par la météo. Pour la première fois, il fait vraiment beau. Le ciel est complètement dégagé et la lumière très belle car le soleil est encore bas. J’installe de suite le panneau solaire pour recharger les batteries de l’appareil photo. Cela fonctionne à merveille … Pourvu que ça dure car entre Régis et moi, nous avons au moins 4 batteries à recharger.

Je profite du beau temps pour prendre des photos du reflet des montagnes sur l’eau. Nous profitons aussi de la chaleur du soleil pour nous laver à pleine eau. Bon, pour être franc, la température de l’eau qui descend du glacier (2° environ) empêche de savourer les bains prolongés alors on fait vite !

Au programme d’aujourd’hui, changement de camp. Nous devons faire une traversée de 12 km en kayak avec le chargement complet. Si le temps se maintient, ce sera sans problème. Nous préparons les kayaks et j’attache le panneau solaire aux sacs étanches pour profiter de l’énergie du soleil pendant la traversée.

Nous partons après le petit déjeuner vers 13:00. Nous prenons notre temps et faisons quelques détours pour essayer de nous rapprocher des phoques au plus près dans un brash (glaçons d’eau douce issus des glaciers) dense. Les coques du kayak poussent gentiment les glaçons et nous nous frayons un chemin dans la glace. Nous avons plus de succès que la veille et arrivons à approcher d’assez près un gros phoque barbu.

Nous reprenons notre route mais malheureusement, le temps se dégrade rapidement. Le ciel se couvre, le vent se lève et soulève un clapot assez haut. Pour éviter tout risque de chavirage, David nous demande de prendre les vagues de face. Du coup, nous avons tendance à avancer en crabe. Regis et moi faisons souvent la route en tête. Pagayer fort nous permet de nous réchauffer. Personnellement, j’aime bien ces conditions. Le vent nous envoie des gerbes d’eau dans la figure et cela met un peu de piquant à la traversée. Avec l’effort que nous fournissons, nous n’avons pas froid, même pas aux mains qui sont forcément trempées. A l’arrière, certains kayaks ont un peu plus de mal alors, après 3 heures de navigation, David nous propose de faire une halte sur une ile.. Nous avons à peine parcouru la moitié du trajet.

Nous quittons nos combinaisons de navigation pour enfiler polaires et vestes puis improvisons un déjeuner. Patrick souffre du dos et se repose un peu. Je profite de la halte pour ranger le panneau solaire trempé .. de toute façon, vu le temps, il ne recharge plus rien.

Nous repartons vers 18:00 et le vent redouble. Le clapot est de plus en plus haut et nous avançons avec difficultés face au vent. David encourage vigoureusement les équipages et Régis et moi faisons toujours course en tête. Du coup, nous devons souvent nous arrêter de pagayer et avons l’impression de reculer à cause du vent. Régis insiste pour que nous continuons à ramer pour éviter de perdre trop de terrain. Nous nous approchons finalement de la côte mais devons encore naviguer pour arriver à l’endroit du camp. Cela nous prend beaucoup de temps car nous avançons très lentement, face au vent.

A l’arrivée, nous sommes tous fatigués et devons vite nous mettre au chaud. Le vent qui vient du glacier est glacial et nous sommes frigorifiés. Nous remontons donc le camp à la hâte avant de nous organiser pour le diner.

Malheureusement, je crois que personne n’a de photo de cet épisode.. impossible de sortir l’appareil dans ces conditions.

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Le retour de l’ours

En plein sommeil, David nous réveille en sursaut : “Habillez vous, restez dans les tentes !!!”. Je regarde l’heure, il est 4:15; cela fait à peine 3 heures que nous dormons. Nous comprenons de suite que l’ours a été vu près du camp. Nous nous habillons à la hâte et attendons l’ordre de sortir de la tente qui arrivera de suite.

Patrick a effectivement repéré les 2 ours que nous avons vus la veille se rapprocher du camp. Il a réveillé David de suite qui a pris les choses en main. Nous nous retrouvons donc tous en groupe derrière David qui a pris le fusil et le pistolet d’alarme. Les ours sont paisibles, à environ 150 mètres de nous. Ils marchent tranquillement en direction de la mer. Il n’y a aucun danger immédiat. David nous demande alors d’aller chercher casseroles et cuillers, pour faire du bruit au cas où ils se rapprocheraient.

Nous attendons près d’une heure. Pendant ce temps, la mère ours se couche et son petit joue à côté puis finalement, ils montent la petite butte en face du camp et disparaissent. Nous attendons encore pour voir s’ils décident de revenir .. ils ne le feront pas. Nous nous recouchons finalement à à 06:15 pour 5 heures de sommeil supplémentaires.

Au réveil, mauvaise nouvelle, le réchaud ne fonctionne plus. Un joint est cassé et empêche la mise sous pression de l’essence pour son allumage.  Après quelques essais, David trouve la solution et arrive à fabriquer des joints de fortune en récupérant du caoutchouc sur la mug de Cannelle. Ce sera un peu la galère pour faire chauffer de l’eau jusqu’à la fin du voyage mais ça fonctionnera tout de même.

Après le petit déjeuner, nous partons en balade à pied vers le Blondstrandbreen. Nous en profitons pour ramener du bois flotté pour faire un feu le soir. L’après midi, qui commence désormais à 18:30, nous partons en Kayak faire une balade et essayer d’approcher au plus près des phoques barbus. La technique est relativement simple. Les phoques font des micro sommeils d’une dizaine de secondes puis lèvent la tête pendant quelques secondes pour surveiller les alentours. Pendant les micro sommeils, il faut pagayer doucement et pendant les périodes de réveil, se laisser glisser sur l’eau. A 5 kayaks, ce n’est pas forcément évident de se synchroniser et nos tentatives se solderont par des échecs. Ce sera pour une prochaine fois. 

Nous rentrons vers 21:30, non sans avoir pensé à récupérer un glaçon d’eau douce (gelée il y a à peu près 4000 ans) pour l’apéro du soir. Nous nous retrouvons autour du feu à discuter … c’est très sympa. Nous commençons à vraiment bien nous connaitre et les vannes fusent !

Je suis par ailleurs un peu inquiet. Les batteries de l’appareil photo se vident à vue d’oeil et à cause du manque de soleil, le panneau solaire ne fournit pas assez de courant pour les recharger.

Nous nous couchons vers 01:00 du matin et ma garde est prévue pour 05:00.

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Le jour où on a vu l’ours

Après une petite nuit de sommeil, je me lève tranquillement à 10:00. Le temps ce matin est vraiment mauvais et empire au fil de la journée. Il pleut et il fait froid. C’est, parait-il, un temps typiquement arctique. On avait envisagé, la veille une balade à pied pour le matin et une balade en kayak l’après midi pour tenter d’approcher les phoques depuis la mer. Finalement, nous sommes tous bloqués dans le tipi à lire des livres sur l’Arctique.

On y lit notamment des expériences de rencontres avec des ours qui ont mal tournées. A chaque fois, le problème vient du manque de surveillance humaine. Malheureusement pour les petits groupes de 1 ou 2 personnes, il n’est pas envisageable de faire des tours de garde toute la nuit. La solution consiste alors à mettre des fils à ours autour du camp qui envoient des fusées lorsque un ours approche. Encore faut-il que le fil à ours fonctionne, ce qui n’est pas toujours le cas. David nous fait aussi part de son expérience personnelle. Il est guide au Spitzberg depuis quelques années déjà et recense 12 rencontres avec les ours. Il a dû gérer 2 attaques du camp qui se sont à chaque fois bien terminées. Une d’entre elle a duré quand même 26 heures pendant lesquelles il a fallu surveiller de très près les déplacements de l’ours qui n’avait pas que de bonnes intentions.

Vers 16:00, le ciel se dégage un peu et nous décidons de partir à pied en direction du glacier Feiringbreen. La balade se passe tranquillement. On croise des lagopèdes, sorte de petites poules. C’est la seule espèce d’oiseau qui reste tout l’hiver dans l’Arctique, les autres préférant migrer vers le sud.

Nous continuons notre route après avoir fait 2 fois demi-tour grâce à Cannelle et Sylvette qui sèment bottes et gants dans la toundra (encore bravo les filles Sourire  ).

Et là, alors que nous montons une pente assez raide et que nous regardons tous où nous mettons les pieds, Philippe, l’œil de lynx du groupe (il voit tout avant les autres) dit “des ours à gauche !!”. Effectivement, sur l’autre flanc de la montagne, il y a une mère et son petit qui se reposent gentiment. Le groupe se resserre et nous sortons tous les appareils photos. Nous sommes dans une situation idéale au niveau de la sécurité. Nous surplombons l’animal et la distance entre nous est bien suffisante pour prendre les mesures en cas d’attaque. Forcément, nous bombardons les animaux de photos. La mère porte un collier qui permet à des scientifiques de suivre ses déplacements. Nous sommes tous hyper contents car il arrive bien souvent que des groupes passent leur séjour sans voir d’ours.

Après une bonne heure de mitraillage, nous continuons notre route vers le glacier. Le temps s’éclaircit vraiment maintenant et c’est la première fois que nous voyons le soleil. Cela fait vraiment plaisir. Nous voyons le glacier vêler, c’est à dire que des blocs de glace se détachent du front pour tomber à l’eau. Quelques secondes plus tard, nous voyons la vague formée par la chute de la glace arriver à nos pieds.

Après une petite séance photo, nous rentrons au camp vers 22:00, mangeons tranquillement et nous couchons vers 1:30; nous continuons à décaler gentiment nos horaires. Les gardes d’aujourd’hui doivent se faire avec la plus grande vigilance.. les ours que nous avons vus aujourd’hui étaient à moins de 500 mètres de notre camp.

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