Une traversée pas si tranquille

Levé à 5:00 pour faire ma garde, je suis surpris par la météo. Pour la première fois, il fait vraiment beau. Le ciel est complètement dégagé et la lumière très belle car le soleil est encore bas. J’installe de suite le panneau solaire pour recharger les batteries de l’appareil photo. Cela fonctionne à merveille … Pourvu que ça dure car entre Régis et moi, nous avons au moins 4 batteries à recharger.

Je profite du beau temps pour prendre des photos du reflet des montagnes sur l’eau. Nous profitons aussi de la chaleur du soleil pour nous laver à pleine eau. Bon, pour être franc, la température de l’eau qui descend du glacier (2° environ) empêche de savourer les bains prolongés alors on fait vite !

Au programme d’aujourd’hui, changement de camp. Nous devons faire une traversée de 12 km en kayak avec le chargement complet. Si le temps se maintient, ce sera sans problème. Nous préparons les kayaks et j’attache le panneau solaire aux sacs étanches pour profiter de l’énergie du soleil pendant la traversée.

Nous partons après le petit déjeuner vers 13:00. Nous prenons notre temps et faisons quelques détours pour essayer de nous rapprocher des phoques au plus près dans un brash (glaçons d’eau douce issus des glaciers) dense. Les coques du kayak poussent gentiment les glaçons et nous nous frayons un chemin dans la glace. Nous avons plus de succès que la veille et arrivons à approcher d’assez près un gros phoque barbu.

Nous reprenons notre route mais malheureusement, le temps se dégrade rapidement. Le ciel se couvre, le vent se lève et soulève un clapot assez haut. Pour éviter tout risque de chavirage, David nous demande de prendre les vagues de face. Du coup, nous avons tendance à avancer en crabe. Regis et moi faisons souvent la route en tête. Pagayer fort nous permet de nous réchauffer. Personnellement, j’aime bien ces conditions. Le vent nous envoie des gerbes d’eau dans la figure et cela met un peu de piquant à la traversée. Avec l’effort que nous fournissons, nous n’avons pas froid, même pas aux mains qui sont forcément trempées. A l’arrière, certains kayaks ont un peu plus de mal alors, après 3 heures de navigation, David nous propose de faire une halte sur une ile.. Nous avons à peine parcouru la moitié du trajet.

Nous quittons nos combinaisons de navigation pour enfiler polaires et vestes puis improvisons un déjeuner. Patrick souffre du dos et se repose un peu. Je profite de la halte pour ranger le panneau solaire trempé .. de toute façon, vu le temps, il ne recharge plus rien.

Nous repartons vers 18:00 et le vent redouble. Le clapot est de plus en plus haut et nous avançons avec difficultés face au vent. David encourage vigoureusement les équipages et Régis et moi faisons toujours course en tête. Du coup, nous devons souvent nous arrêter de pagayer et avons l’impression de reculer à cause du vent. Régis insiste pour que nous continuons à ramer pour éviter de perdre trop de terrain. Nous nous approchons finalement de la côte mais devons encore naviguer pour arriver à l’endroit du camp. Cela nous prend beaucoup de temps car nous avançons très lentement, face au vent.

A l’arrivée, nous sommes tous fatigués et devons vite nous mettre au chaud. Le vent qui vient du glacier est glacial et nous sommes frigorifiés. Nous remontons donc le camp à la hâte avant de nous organiser pour le diner.

Malheureusement, je crois que personne n’a de photo de cet épisode.. impossible de sortir l’appareil dans ces conditions.

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