Arrivée dans la communauté Shuar

Nous partons en taxi en fin de matinée vers la forêt amazonienne puis après 1 heure de route en 4×4, arrivons au bord du Rio. La communauté est juste en face et nous prenons une pirogue en bois pour la traversée. Cela nous rappelle les pirogues que nous utilisions dans le delta d’Okavango, au Botswana, il y a quasiment 1 an.

Sur place, nous faisons la connaissance de Carlos, le patriarche, 52 ans. Il nous présente une partie de sa famille qui vit ici avec lui. Il a quand même eu 18 enfants avec son unique femme ! C’est d’ailleurs un de ses fils, Jeremy, 16 ans, qui nous servira de guide. Nous faisons aussi la connaissance d’une jeune femme de 24 ans qui a déjà 5 enfants et dont l’ainé a … 10 ans … (faites le calcul…) Tout le monde est très sympathique et nous accueille les bras ouverts. Il y a aussi la “copine-femme” de Jeremy, qui a 15 ans et qui a visiblement un gros problème à la bouche. Une partie de sa lèvre inférieure est arrachée et pleine de pus… 

La communauté est constituée de maisonnettes en bois sur pilotis (pour éviter serpents et insectes) et d’une cuisine où tout se fait au feu de bois. Les enfants courent pieds nus et sont couverts de boue mais se nettoient régulièrement dans la rivière. Cela nous rappelle un peu les villages du Nord Vietnam.

Après un repas pris tardivement, nous partons dans la forêt, équipés de bottes en caoutchouc qui s’avèreront bien utiles. Le chemin est très boueux et il n’est pas rare que nous nous enfoncions à mi-mollet. Le guide s’arrête régulièrement pour nous expliquer l’utilisation des différentes plantes (plantes colorantes pour la peau, les ongles, plantes médicinales en tout genre, …). La balade serait plus agréable si nous ne prenions pas en permanence des seaux d’eau sur la tête. Mais bon, tout le monde est motivé et nous arrivons au terme de cette première sortie, trempés mais contents.

Au retour, nous croisons Cleila, la copine de Jeremy qui a son problème à la bouche. Elle nous demande si nous n’avons pas des médicaments car elle souffre beaucoup. Fred et moi allons chercher trousse de secours et trousse de médicaments pour faire un état des lieux … désastreux … Elle a la lèvre ouverte sur 1 cm à deux endroits depuis plusieurs jours et tout est super infecté et suinte de pus. En plus, elle a mis une sorte de pommade blanche sur la plaie qui a plus ou moins “crouté”. Nous lui conseillerons d’aller voir un médecin mais nous comprenons vite que ce ne sont pas dans les habitudes de la maison …   Fred prend donc les choses en main et je l’aide autant que je peux pour nettoyer la plaie et lui badigeonner la lèvre d’iso Bétadine avant de faire un pansement de fortune (pas évident). Le lendemain, cela ira beaucoup mieux et nous renouvèlerons l’opération .. et finalement, le jour de notre départ, la plaie semblera en phase de cicatrisation. Nous insistons auprès d’elle pour qu’elle prenne les antibiotiques que nous lui avons “prescrits”.

Avec tout ça, la nuit est tombée depuis longtemps quand nous passons à table. Nous (les garçons) décidons quand même d’aller à la pêche de nuit. C’est assez typique… Jérémy nous emmène près d’un petit ruisseau pour pécher d’abord un petit poisson pour s’en servir d’appât. La technique est rudimentaire : il faut marcher dans l’eau, chercher le poisson a la lampe électrique, et ….. essayer de le couper en 2 à coup de machette !! Au bout de 10 minutes, nous avons un petit poisson et repartons un peu plus loin dans la jungle vers un petit trou d’eau. Jeremy coupe 2 branches de palmier, les taille pour en faire des cannes puis accroche du fil et un hameçon énorme et, bien sûr, un bout de poisson au bout. Ensuite, nous éteignons toutes les lumières et Jeremy met la ligne à l’eau. Les débuts sont peu prometteurs et il ne se passe rien .. mais tout d’un coup, Jeremy tire comme un malade la canne en arrière et envoie un poisson 5 mètres en arrière. Le poisson rasera la tête de Fred, posté en arrière. Un instant plus tard, Jeremy se retrouvera à essayer de tuer le poisson en s’acharnant à coups de machette sur la végétation à l’endroit du point de chute. Il arrivera finalement à le retrouver et à nous montrer .. un poisson d’une quinzaine de cm, avec de belles petites dents .. bref rien d’extraordinaire … nous continuons à pécher et je prendrai un autre poisson de la même espèce que nous ne retrouverons jamais puis nous décidons de rentrer nous coucher.

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