Une journée dans un village cambodgien

Aujourd’hui, nous avons décidé de suivre les traces “des Zat”, une famille qui fait le tour du monde en ce moment et que l’on devrait rejoindre en fin d’année en Thaïlande. L’idée est de passer une journée dans un village cambodgien en passant par une organisation caritative qui installe des pompes et des filtres à eau dans les maisons des familles.

Nous partons donc vers 08:00 de l’hôtel puis arrivons une bonne demi-heure plus tard dans le village qui compte 200 familles. Sur le chemin, le guide nous explique la vie dans le village. En gros, la moitié des familles est “riche” et dispose d’une parcelle de terre assez grande pour se nourrir en riz toute l’année. Pour les autres, une fois les ressources épuisées, il faut vendre des poules, des légumes, pour s’acheter le riz. A cet endroit, qui n’est pas assez bien irrigué, il n’y a qu’une récolte de riz par an. Plus près du lac, les familles ont de la chance et peuvent faire 2 récoltes à l’année.

A l’entrée du village, nous nous arrêtons dans une petite cahutte ou une charmante dame prépare des beignets de banane qu’elle vend comme snack pour les habitants du village. Nous sortons de la voiture et là, directement, la charmante dame “met la main au paquet” de Vincent. Le guide nous explique “c’est pour voir si c’est un garçon ou une fille !!” Je n’ai pas vu la scène mais Nelly qui a tout vu a été assez estomaquée ! Sans parler de Vincent…

Nous goutons les bananes qui sont délicieuses puis repartons. Dans le village, nous montons sur des charrettes tirées par des buffles et des vaches pour nous mener aux champs. Attention, ce n’est pas une attraction pour les touristes, l’agriculture ici n’est pas absolument pas motorisée et tout se fait avec les bovins. Après une vingtaine de minutes de charrette, dont certains passages épiques dans d’énormes flaques d’eau, nous arrivons dans le jardin potager d’une famille puis passons deux heures à planter des choux chinois. La récolte permettra à cette famille de gagner assez d’argent pour s’offrir un mois de riz. Les enfants adorent mais la chaleur est accablante et à la fin, tout le monde en a un peu marre .. en plus, Mamie se fait un lumbago. Nous finissons quand même la parcelle et la couvrons instantanément de feuilles de palmier pour éviter que les feuilles ne brulent au soleil.

Nous nous rendons ensuite dans la maison de cette même famille pour préparer le repas du midi avec le guide. Au menu, soupe de poisson et … recette surprise !! Alors, regardez l’avant dernière photo et le premier qui nous cite 3 des ingrédients de la recette a gagné ! Nous donnerons la réponse dans les tout prochains jours.

Nous goutons aux deux plats que nous avons préparés. La soupe de poisson est très bonne mais nous avons du mal avec le deuxième, vraiment très particulier, dégustée sur des fleurs de bananier (à part Papy Pierre qui n’arrête pas d’en reprendre). Nous acceptons donc bien volontiers les sandwichs que nous a apporté notre guide !

Après le repas, nous entamons une longue discussion sur la vie rurale au Cambodge et notamment sur l’influence des “shamans” et autres diseurs de bonne aventure mais aussi sur les mariages et naissances. Nous repartons ensuite à pied et croisons un homme qui forme des bottes de riz pour le faire sécher en hauteur afin d’éviter que les poules ne le mangent. Il nous montre alors la charrue utilisée pour labourer la terre. C’est vraiment ultra rustique; 2 morceaux de bois et un soc en métal, le tout accroché aux buffles avec un joug en bois. Le guide nous raconte alors une histoire qui nous marquera. Il nous explique qu’après le passage de Pol Pot, il n’y avait plus de bétail dans le pays. Il avait été exterminé pour être donné en offrande aux dieux ou pour nourrir les officiels puis il nous raconte qu’il garde en tête l’image de sa sœur et sa mère, accrochées au joug, qui tirent la charrue pour retourner la terre (son père ayant été tué par les khmers rouges) ! Cette période a duré plus de vingt ans avant que les villageois ne puissent de nouveau s’offrir du bétail pour les travaux de la ferme !

Nous reprenons notre chemin et croisons des villageois qui ont bénéficié de l’aide de l’association. Une pompe à eau mécanique, qui descend à 45 mètres de profondeur, et un filtre à eau, composé de graviers et de sable. Chaque filtre permet de fournir de l’eau potable à 4 ou 5 familles pendant 5 ans. Notre guide nous explique qu’en 3 ans et demi, les résultats sur la santé des enfants ont été spectaculaires. Les maisons sont sur des pilotis de 2 à 3 mètres de haut et sont constituées d’un plancher en bois. A l’intérieur, il n’y a qu’une seule pièce quasiment vide. Chaque soir, les familles déploient leur moustiquaire et dorment sur des paillasses de bambous. Il n’y a ni eau courante, ni électricité. Certains ont néanmoins une télé qu’ils alimentent avec une batterie de voiture. L’autonomie est de 3 jours. Ensuite, il vont faire recharger la batterie dans le village à l’aide d’un générateur. Pour la lumière et les devoirs des enfants, ils utilisent des petites lampes à pétrole bricolées avec de vieilles boites de conserve.

Nous nous rendons ensuite au monastère du village qui est très grand et très bien équipé. Les monastères sont financés par des dons et tout le monde fait des offrandes aux moines pour leur permettre de manger. Dans chaque famille, il y a au moins un garçon qui devient moine pendant une période d’une à cinq années en moyenne. Le monastère présente aussi une salle pour les crémations, et les stupas, très bien décorés conservent les cendres des défunts. A côté du monastère et grâce aux dons, les moines ont aussi fait construire une école équipée d’une bibliothèque et composée de cinq classes. Il y a tellement d’enfants par famille que l’éducation se fait par demi-journée. Les profs gèrent donc 2 classes par jour. L’équipement est simple mais propre. Les moines offrent le matériel scolaire aux plus pauvres. Le guide nous expliquera qu’en ville, les familles font des cadeaux toutes les semaines aux professeurs pour s’assurer qu’il va bien enseigner aux enfants et les familles les plus riches offrent de gros cadeaux (un scooter neuf par exemple), en échange de cours particuliers… Malheureusement, cela se fait au détriment des autres élèves car ces cours sont fait en semaine, alors que les profs devraient être avec leur classe.

Nous rentrons ensuite à l’hôtel et faisons une leçon de français aux enfants. Ce soir, nous avons rendez-vous avec Laureline et Max, nos amis voyageurs. Ils viennent d’arriver du Laos et nous retrouvent à notre hôtel. Nous sommes super contents de les revoir et passons de longs moments à échanger nos adresses sur le Laos et le Cambodge. Ils nous racontent en détail leurs (més)aventures en bus entre le Vietnam et le Laos. Après un repas au restaurant du coin, nous allons prendre un verre dans un des nombreux bars de Siem Reap puis nous nous quittons en espérant nous revoir dans quelques mois en Amérique du sud. Nos chemins en Asie se séparent, ils vont rester quelques jours au Cambodge avant de passer en Birmanie puis ce sera la Nouvelle Zélande. De notre côté, nous décollons pour le Laos demain puis ce sera la Thaïlande puis l’Australie.

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2 réflexions au sujet de « Une journée dans un village cambodgien »

  1. Hello les 6 aventuriers :

    – en quelques mots bravo pour le repiquage de choux chinois : on se se refait pas et les chiens ne font pas des chats !!!
    – trop top la planche à découper du cambodge (étonnant qu’Ikéa n’ait pas encore pensé à breveter le modèle
    – pour les ingrédients de la recette je dirais piment, curcuma frais et choux chinois ( ok ça manque de protéines mais franchement je ne vois pas : peut être du rat ou de la taupe ou autre rongeur).
    En attendant la recette ainsi que les dealers les plus proches pour trouver ces ingrédients.
    a bientôt. Christophe

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